Voyager, ce bonheur qui nous rend parfois tristes

2018-07-18 22.12.07
Somewhere in Norway.

J’ai commencé à voyager il y a trois ans.

Je suis partie à Tokyo, seule, après une séparation amoureuse, familiale, et un décès.

Et c’était incroyable.

Mon esprit s’est ouvert à des possibilités jamais explorées jusque là. J’ai découvert ce pays duquel je rêvais depuis toujours, j’ai combattu mes angoisses et mes peurs, toute ces phobies infondées que je trainais comme des casseroles depuis des années. J’ai rencontré des personnes merveilleuses, j’ai appris à me sociabiliser, à parler, me livrer. J’en suis revenue plus forte, prête à tout casser, reboostée.

En 2018, je me suis envolée à nouveau pour le Japon, Kyoto cette fois, une ville très touristique, mais plus agréable que Tokyo lorsqu’on est seul. Ponctuée de beaux temples, de daims en liberté et de babouins au sommet des montagnes. Le Japon que j’aime et que j’admire.

Et puis il y a eu l’Australie, ce pays qui m’a ouvert les yeux sur ma vraie personnalité, sur tout ce que je faisais semblant d’être, qui m’a prouvé qu’amitié rime avec réalité, que des liens forts peuvent se tisser sans même échanger des mots. Qui m’a prouvé que j’étais bien plus courageuse que ce que j’imaginais. Je n’ai jamais travaillé aussi dur et pourtant, je n’ai jamais été si heureuse. Chaque rencontre était une nouvelle aventure, chaque trait de personnalité était exacerbée, libre de tout jugement, le vie était simplement vécue.

Puis la Norvège, si calme, si minimaliste, les montagnes plus grandes que le plus grand des bâtiments, la solitude qui règne en maître même dans les sites les plus touristiques, les crêpes à la cannelle, les treks à n’en plus finir, les vues à vous couper le souffle.

Et la Corse, qui m’a prouvé que la France avait de belles choses à nous montrer, qui m’a donné l’attention et l’amour dont j’avais besoin, même pour une courte durée. La Corse où, pour la première fois, j’ai osé observer des poissons dans l’eau sans pleurer ni partir en hurlant.

Encore un nouvel aboutissement.

Et puis il y a eu la Thaïlande et le Cambodge et sur eux j’ai tant à dire. Mais ce n’est pas le sujet.

J’ai découvert un nouveau monde, une nouvelle manière d’aborder la vie, de la gérer, livrée à moi-même. J’ai découvert la facilité de vivre avec peu, de travailler sans bagage. J’ai découvert la richesse de cultures totalement différentes de la mienne, la beauté de paysages tous droit sortis d’une autre planète.

J’ai surpris mon vrai moi, qui je suis fondamentalement : Comment je mange, respire, marche, vois, sens, touche, vis, chante, nage, regarde.

J’ai trouvé ma voie, ma vie, le sens caché.

Et puis je suis rentrée dans un monde inchangé.


Et j’ai eu ce besoin continuel de fuir, très loin, d’oublier ma vie, de ne plus y faire face.  Syndrome de Don Quichotte, le monde des illusions, désillusions, évasion, fascination? Aliénation.

Le quotidien est dur ici, j’ai le mal du monde, le mal de la découverte, des nouvelles odeurs, des nouvelles saveurs.

Je m’ennuie d’apprendre.

C’est comme si mon potentiel intellectuel et émotionnel avaient atteint leur presque maximum et qu’en rentrant, j’étais tombée en négatif. Je me sentais vidée, sans énergie, sans envie, sans avenir. Je me sentais bête,  j’avais envie d’être quelqu’un d’autre. Ces autres gens qui ne sont pas ici. Je voulais et veux toujours m’envoler pour un nouveau monde.

J’avais envie de hurler

J’étais un lion en cage.


Alors, comme je n’arrivais pas à arrêter ces pensées, j’essayais de m’occuper l’esprit. Je peignais, je dessinais, je chantais, je jouais du ukulele parce que je suis un cliché, je fabriquais des attrape-rêves pour la même raison, je tournais des vidéos, je photographiais, j’écrivais cet article,..

Mais à l’instant où j’ai terminé, je m’ennuiais à nouveau. Pas d’un ennui positif, non.

Je n’arrivais plus à vivre simplement. Je m’en voulais de  ne pas être ailleurs, d’être coincée ici. Je n’aimais pas savoir que mon enveloppe corporelle est dans cette chambre, dans cette maison, dans cette ville, dans ce pays.

Je voulais et veux juste faire partie d’un autre décor.

Mais partir me fait peur parfois, parce que je sais que ça va être magnifique, incroyable, que je vais rencontrer des personnes lumineuses qui changeront ma vision de la vie, je sais que ce sera que du bonheur, qu’encore une fois je toucherai les étoiles du bout des doigts.

J’avais peur de vivre le bonheur à nouveau.

Parce qu’ensuite, je devrai rentrer.

Mais il est temps d’apprendre à vivre ici, pour mieux repartir là bas.
Ne plus partir pour fuir ma vie mais pour simplement la vivre sainement, ailleurs, là où le monde est différent, là où la nourriture a mille saveurs et les fruits mille couleurs, là où les gens me donneront envie d’en savoir plus à chaque instant.

Il est temps de voyager mieux. De voyager bien.

2 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Aublé Prescyllia dit :

    Je crois que je suis pareil que toi, je n’ai jamais voyager et pourtant je ne pense qu’à sa, j’ai tellement envie de me barrer de ce pays, je voudrais partir loin de chez moi mais je n’oserai jamais partir seule alors je reste chez moi à déprimer. Bon courage à toi❤

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    1. Mais non, vas-y !!! ❤ Déprimer te gardera statique, tandis que voyager t’aidera énormément !

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