Deux heures à Tokyo

Tokyo..
Durant mon premier voyage au Japon, j’avais concentré mon trip d’un mois à Tokyo, une ville jeune, dynamique, pleines de rues ponctuées d’activités toutes plus cool les unes que les autres.

Lors de mon deuxième voyage au pays du soleil levant, mon coeur s’est plutôt dirigé vers Kyoto. Plus calme, plus rurale dans l’ensemble bien que la ville reste une grande ville. Les touristes ici sont à la recherche de sérénité, de visites familiales et les Japonais sont dans un mode de vie un peu plus sain qu’à Tokyo.

Mais je n’allais pas passer un mois au Japon et ne pas retourner à mon premier amour.

Ironique quand on sait pourquoi et avec qui j'étais au Japon. Mais ce n'est pas le sujet. 

J’avais acheté un JRPass, un abonnement de train qui permet aux touristes de voyager partout dans sur l’archipel sans suppléments. Un peu cher à l’achat, il se retrouve très vite remboursé et c’est vraiment THE bon plan pour se mouvoir au Japon.

Mon voyage ne s’est pas forcément passé comme prévu, j’ai eu quelques complications personnelles. Ça faisait deux jours que je restais enfermée, essayant d’oublier mes problèmes, ressentant toute la culpabilité du monde d’être au Japon et de ne pas profiter de dehors.

  • Le troisième jour, je me suis souvenue que mon abonnement de train allait arriver à expiration et qu’il fallait absolument que j’aille à Tokyo au moins une fois avant la fin du voyage. Je suis donc partie dès le matin direction Tokyo pour la journée, sans rien dire à personne.

Dans le train, mon sentiment était plutôt mitigé, j’étais contente de pouvoir retourner à Tokyo, la ville où j’ai passé deux semaines seule puis deux semaines avec un ami, où j’ai rencontré tellement de personnes de tellement d’horizons différents, où j’ai combattu nombre de phobies, où on ne s’ennuie jamais. La ville où je suis tombée amoureuse.

  • Arrivée à Tokyo, j’ai pris le métro, me basant sur mes souvenirs datant de deux ans auparavant, je suis sortie à ce qui me semblait être le bon arrêt, et je me suis perdue. Sans 4G, ne parvenant pas à me souvenir du nom de l’arrêt que je recherchais, je suis sortie et j’ai marché trèèèèèès longtemps jusqu’à arriver à Ueno. Et de là, j’ai enfin retrouvé mon chemin.

J’avais envie de voir la Takeshita dori, la porte super colorée de la Takeshita street, une rue bondée, colorée, le paradis des gens au style alternatif.
Je n’y avait pas vraiment prêté attention la première année, comme je refusais de faire quoi que ce soit d’un temps soit peu trop touristique.

Ici c’est bien simple, Pastel goth, Visual, Lolita, drag queens,.. On trouve tout ce qu’il faut pour (sur) consommer.

Comment ça, je prend un ton accusateur?

Comme je ne suis pas forcément intéressée par les magasins, j’ai directement foncé vers une échoppe de crêpes. J’avais toujours eu envie de goûter les fameuses crêpes Japonaises, fourrées à la glace, au gâteau et à la crème fraiche, tout ce que mon corps intolérant au lactose aime.

J'ai opté pour une crêpe caramel et cheese cake, une pure merveille qui m'aura valu quelques crampes d'estomac, mais qui en valait la peine, et de loin.
  • J’ai flâné à gauche à droite, comme un fantôme. Honnêtement, je me sentais seule et minuscule dans cette foule de gens. La plupart étaient ici en couple, en groupe d’amis, couraient partout riaient. Et j’étais seule. Alors comme toute personne normalement constituée, j’ai cherché une autre échoppe de nourriture.

En me baladant dans la rue, je croise soudain une petite devanture bleue ciel de laquelle les clients sortent avec une magnifique barbe à papa arc-en-ciel. Du sucre, et des couleurs, exactement ce dont j’avais besoin.

Je suis rentrée dans ce.. magasin? Qui vendait des tas et des tas de bonbons à un prix exorbitant. Clairement, je n’étais pas là pour ça, mais j’ai trouvé ça très intelligent de leur part de mettre des étals de bonbons dans le couloir où les touristes et Japonais font parfois la file pendant 30 minutes.

Après une attente interminable et deux tentatives de fuite avortées, j’ai finalement commandé et reçu ma merveilleuse barbe-à-papa.
J’ai tenté de la prendre en photo devant la devanture, mais des gardes m’ont gentiment dit de passer mon chemin. Voici donc une photo de vieille barbe-à-papa qui a eu très chaud, prise dans une ruelle paumée pas trop loin de Takeshita Street.

J’ai pris très peu de photos de cette journée, ce n’était pas un jour très favorable à mon esprit. J’étais perdue, dans mes sentiments, dans mes envies, mes projets, seule parmi la foule et triste. Je suis allée prendre une dernière photo au Tokyu Plaza, un centre commercial qui possède un hall vraiment magnifique !

Après deux heures et demie sur place, j’ai repris le train pour Kyoto.
Tokyo, seule, c’était vraiment loin d’être ce que j’avais pu vivre en guesthouse. Je regardais par la fenêtre, assise en contre-sens, regardant Tokyo s’éloigner, emportant mon passé au loin.

Je n’ai pas pu m’empêcher de laisser couler les larmes sur mes joues. Ma vie avait définitivement changé, je n’étais plus la personne que j’avais été, j’avais fait de mauvais choix, je m’étais déçue. Et cette journée n’avait fait que confirmer mes pensées : J’avais choisi la mauvaise personne.

De retour à Kyoto, je suis rentrée à la maison, et je n'étais plus seule. 

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